20 novembre 2009

Vous allaitez pour combien de temps?

C'est un monsieur qui est médecin dans un hôpital pour riches, où tout est nickel.
Il a des lunettes, les cheveux gris mais l'air pas trop vieux, un jeans parce que c'est le dress code dans cet hôpital pour riches.

Et il veut me donner des antibiotiques. Bon c'est pour un problème que je traîne depuis très longtemps donc je suis presque d'accord. Mais je précise que je suis allergique et que... j'allaite.

"Et vous allaitez pour combien de temps?"

J'ai tellement peu compris sa question que je lui demande de répéter.
Mais il s'attend à quoi comme réponse?

- Jusqu'au 29 novembre à 19H53, dernière tétée.
- Jusqu'à un an, parce qu'après elle sera trop grande, pas déconner quand même.
- Jusqu'à 10 ans, juste pour lui faire peur.
- Jusqu'à ce soir, après ne vous en faites pas, ce sera fini.
- Jusqu'à ce qu'une de nous deux en ait marre, ce qui me semble la seule réponse valable, mais aurait manqué de précision pour lui.
- Jusqu'à ce qu'on invente un lait en poudre équivalent au lait maternel, parce que j'en ai marre mais je trouve rien de mieux à lui donner, pour qu'il se demande vraiment sur qui il est tombé.

Finalement, je lui ai dit que je n'en savais rien, mais que ce ne serait pas fini vendredi prochain.
Ce à quoi il a rétorqué:
"Parce que si je vous donne quelque chose de toxique, il faudra... choisir!"

Mais c'est tout choisi cher Monsieur.
D'ailleurs il a si bien entendu ma réponse sans que je la dise
qu'il a vite effacé de sa bouche le mot "sevrer".

Quand même... mieux vaut en rire :-)

19 novembre 2009

Chouette livraison


15 novembre 2009

10 mois demain

Joviale et espiègle, cette petite.

Toujours souriante.
Surtout, quelle volupté!
quand elle m'entend dire "Aïnoa, non, Aïnoa"
et me voit courrir derrière elle.

Ce ne sont pas vraiment les croquettes du chat qu'elle vise
mais le plaisir de me voir la rattraper et la soulever dans mes bras.

Drôle, elle fait de longues et tendres caresses sur le visage de son papa, sur demande.
Ils sont comiques ces deux-là.
Elle n'a jamais douté de lui, même quand lui doutait de lui.
Elle lui a démontré que peu importe, qu'ils sont faits pour s'entendre.
Et quand il est là, présent, elle ne revient vers moi que pour téter.

C'est drôle comme elle grandit.
Après sa phase d'accrochage intense à Maman, elle en a marre, tout à coup.
Elle a jaugé, évalué, maintenant elle sait à qui elle peut octroyer sa confiance.
Et elle y va, elle me quitte, toute pleine de cette confiance.

Mais il ne faut pas perturber son petit monde.
Des amis qui viennent manger, le soir, alors ça, ça l'énerve.
Ou des inconnus qui viennent s'installer dans le salon.
En haut, au magasin, ça va, elle les accepte. Elle sait que ça ne durera pas longtemps.
Mais s'ils entrent au rez-de-chaussée, ça veut dire qu'ils vont rester
un certain temps
et ça, elle s'en passerait bien. Elle les mettrait bien dehors!

Elle nous parle avec ses mots à elle
Elle jette son dévolu sur quelques petits objets fétiches.
Le livre "Feel and touch" que son grand frère lui a légué la passionne!
Elle se passionne aussi pour la nourriture, cette petite fée qui,
jusque là, n'a reculé devant rien. Ni l'oignon cru, ni l'ail, ni les poireaux ou le gazpacho...
ni même le chocolat!

Sa bonne humeur nous inonde, nous ravit.
Elle est belle et toujours aussi douce, le soir, quand elle tète pour s'endormir
et caresse de sa petite main ma peau.
Elle tète toujours comme un nouveau-né. Non, franchement, le sein de maman, y'a rien de mieux!

04 novembre 2009

Origines

Je me demande parfois
quel impact
ça peut avoir sur vous

L'origine même
de votre vie
ce qui se passe
dans des profondeurs mystérieuses
dans la chaleur d'un corps humain

Et qui s'est passé pour vous deux
dans une éprouvette
au fond d'une armoire sombre
d'un hôpital froid

On vous a mis dans mon ventre
puis on vous a sortis de là
avec votre accord certes
mais sans vous demander
votre participation

Je me demande
quel impact ça peut avoir
sur votre façon de voir la vie
sur vos bases, vos fondements

mais
je sais qu'il y a un manque
et j'essaie de compenser.

26 octobre 2009

Hier

Elle a levé l'index pour nous montrer quelque chose.
Et puis,
en voyant les photos, tous ces visages bien connus, défiler à la télé,
elle a encore, beaucoup, levé son index
avec de nombreux commentaires étonnés.

Elle dit très bien nènè, depuis longtemps,
mais un deuxième mot est arrivé et -surprise!-
c'est le même que son frère: Gakun.
Gato, chat en espagnol.

Elle se met debout devant son frère en se tenant à ses mains
et il adore ça

Elle aime beaucoup les livres
oui mais
les manger, pas les écouter
et ça plaît moins à son frère.

Devant le fauteuil, ou la table,
elle vide, posément, tout ce qu'elle voit.
Elle semble tirer grand parti de cette activité motrice.
Mais quand un objet est hors de portée de son bras,
elle n'a pas encore compris qu'il lui suffit de se déplacer
en se tenant au bord
pour l'atteindre

alors elle crie, elle hurle
toute sa frustration
devant cet objet qui lui résiste.

Elle se met à quatre pattes sur sa chaise haute
pour aller se servir directement sur la table
et rit de nos réactions

Elle sait très bien
chez qui elle veut aller
Dans les bras de Papa, par terre courir derrière le chat,
sur les genoux de Maman qui cout
parce que ce gros bouton mauve,
il est trop gai à pousser!

Elle grandit
toujours plus belle
notre petite fleur

19 octobre 2009

Neuf mois

Grande étape
s'il en est

Quand la vie aérienne rejoint la durée de la vie utérine.

Dans l'évolution humaine,
il y a très très longtemps,
l'Homme s'est redressé pour marcher à deux pattes
et son bassin en est devenu beaucoup plus étroit.

En même temps, son cerveau continuait de grandir

Et un cerveau plus grand
pour un bassin plus petit
ça aurait assuré la fin de l'espèce.

Alors, pour compenser, l'Homme a raccourci sa durée de gestation.

Si on compare l'Homme aux autres espèces,
en termes d'évolution et de temps de gestation par rapport à la durée de vie,
nous devrions avoir des grossesses de 18 mois.

Mais voilà, pour pouvoir sortir d'un bassin plus étroit
avec un cerveau plus grand,
les bébés humains naissent très, très prématurés,
à la moitié de leur temps normal de gestation.

Voilà pourquoi ils ont un si grand besoin de continuer à vivre dans leur habitat naturel, le corps de leur mère.

Voilà pourquoi neuf mois, c'est un grand moment.

25 septembre 2009

Petite leçon de confiance

Je la pose dans le salon et la laisse se promener.
Je reviens et je vois une noisette par terre.
Je me maudis.

Je la ramasse et je la pose sur la table basse.
Bien au milieu, là où elle ne peut pas encore arriver.
Je repars à la cuisine.

Un peu plus tard,
elle appelle.
Je vais la reprendre dans mes bras.
Au moment où je l'enveloppe dans l'écharpe,
pouf!
Elle la crache.

Depuis combien de temps était-elle en train de suçotter tranquillement cette noisette?

Elle me confirme ce que, instinctivement, je savais déjà,
mais sans oser m'avouer que je le savais.
Les bébés ne se mettent pas en danger
et sont tout à fait capables de garder en bouche
de tout petits objets.

Ce qui est dangereux,
c'est une déglutition rapide
à cause d'un effroi
face à la réaction de l'adulte qui voit ce qui se passe.
"Crache ça tout de suite!"

Voilà de quoi lui faire
encore un peu plus
confiance

31 août 2009

Le grand départ

ça y est!

Elle a fait deux, trois pas le jour où on revenait.
Le lendemain, elle a trotté à trois pattes toute la journée, pour s'entraîner. Elle en oubliait de dormir, quelle perte de temps!
Le surlendemain, elle a encore trotté à trois pattes toute la journée, toujours sans s'arrêter pour dormir.
Hier, elle a un peu plus dormi, crevée qu'elle était de tant de gymnastique et de découverte.
Aujourd'hui, elle se déplace à peu près dix fois plus vite qu'il y a cinq jours, elle vient dire bonjour, elle avance décidée vers l'objet de son désir, elle essaie de se redresser, et elle a même essayé d'attaquer la marche de la terrasse. En descente, s'il-vous-plaît! Et en toute prudence, car elle s'est arrêté pour évaluer la distance avant de se rendre compte que non, c'était trop compliqué pour elle, il fallait demander de l'aide.

Elle ne se donne aucun répit.

C'est beau

C'est tout simplement beau.
Ces petites mains qui tournent, ce chant de bébé qui les acompagne.
Il y a des syllabes qui sont arrivées au moment où elle découvrait l'utilisation de ses poignets.
Elle en a fait un joli chant de papillons.
Et puis elle s'assied. Elle y a travaillé pendant si longtemps, sans jamais s'impatienter.
Et elle est si heureuse d'y être arrivée!

Le jour du baptême

Bienvenue à toi, petite reine.
Bienvenue dans ce monde où, de toute ta volonté tranquille, tu étais sûre d'avoir ta place.
Bienvenue dans ce monde que tu découvres doucement et en toute sécurité du haut de notre épaule.
Bienvenue dans ce monde où tous ces visages souriants t'accueillent avec une joyeuse simplicité.

Aujourd'hui c'est ta fête. C'est la rencontre de toutes les certitudes.

Ce n'est qu'hier que j'ai réalisé que ce ne serait pas comme le baptême de Diego.
Parce que les circonstances.
Parce que les absents.
Parce qu'il n'y a déjà plus de foulards.
Mais ce sera une belle journée.Le soleil est déjà haut dans le ciel, il chauffe déjà toutes ces collines pelées, et tes arrière-grands-parents sont toujours là pour te fêter.

Chez eux.

28 juillet 2009

Demiversaire

Un peu en retard,
mais voilà, déjà,
une demi année de passée.

6 mois
et tu te jettes à deux dents sur tout ce qu'on te propose à manger. Courgettes, artichaud, pâtes, pêche, pain, pommes, bananes, carottes, patates, quinoa, mangue, riz, orange, tu découvres tant et tant de textures et de goûts différents, en direct et plus par mon lait. Tu adores ça et tu es très indépendante: pas question pour toi de manger de la cuiller que je te tends ou de mes lèvres où je prémâche. Non! Tu acceptes de prendre la cuiller toi-même, tu acceptes les morceaux sur la tablette, histoire d'exercer la préhension, et à la limite tu acceptes de mettre en bouche le doigt que je te tends avec quelques petits morceaux.

6 mois
et tu bouges! Depuis quelques jours tu arrives à soulever bras et jambes en même temps. Dans un effort terrible, en criant victoire, tu fais des pompes pour essayer d'avancer mais non, ça recule! Etrangement, ça ne t'énerve pas trop. Tu sais bien qu'il y a un demi-monde à découvrir derrière toi aussi. La seule chose qui t'énerve, c'est quand un objet qui devrait s'approcher s'éloigne. Mais tu adores partir en exploration.

6 mois
et tu t'exprimes avec une telle spontanéité, et tu te fais si bien comprendre! Hier, tu étais dans des bras doux mais inexpérimentés qui te faisaient découvrir les feuilles d'une vigne. Et tu poussais, tu te trémoussais, pour en sortir, tu te tournais vers moi, tu ne voulais que mes bras! Quand ton regard croise mes seins, tes yeux s'illuminent et ta bouche s'ouvre de plaisir. Tu sais bien où ils sont maintenant. Quand on s'allonge dans le lit ou que je t'allonge dans mes bras, ça y est, tu anticipes le plaisir, tu sais ce qui va venir. Tu comprends de plus en plus de mots, au fait, combien en comprends-tu exactement? Tétée, Tito, maman,...

Tu es très câline, tu adores te coller contre nous et te réfugier dans notre cou. Tu es très souriante tant que tu es contre nous et souvent, tu fais la timide, tu souris puis tu te caches en nous. C'est drôle! Tu ris aux éclats maintenant, et, on en est fiers, plus seulement avec ton frère mais aussi avec papa et maman maintenant! Tu as dans le regard cette petite étincelle et tes yeux magnifiques nous observent avec sagesse quand on te parle de choses profondes.

Merci, ma puce, de ces six mois de bonheur!

26 juillet 2009

L'olivier

On l'avait planté
en souvenir d'elle.

Dans notre petit jardin,
il y a un arbre pour chaque enfant.

Un figuier qui est arrivé avec Tito
Un noisetier qui est arrivé avec toi
Et un petit olivier.

Mais ce mois de janvier
il a fait froid,
très froid,
il a neigé et gelé
pendant que nous attendions ton arrivée.

Et le petit olivier ne l'a pas supporté.
Il est mort.

J'ai voulu le remplacer
et puis je me suis dit non.
C'est bien comme ça.
C'est ça qui s'est passé.

Si elle était venue jusqu'à nous,
elle aurait treize mois maintenant.
Elle marcherait, elle commencerait à parler.

Mais toi, ma petite fille chérie, tu ne serais pas là.

Ou alors était-ce tout simplement toi,
ma petite Nina, qui,
pour des raisons qui te sont propres,
as retardé ton arrivée?

Je ne sais pas.

Mais c'était cela qui devait être.

23 juillet 2009

Lu

"A cada rato que pasa van cambiando y alejándose de nosotros"...

Isabel Allende, La suma de los días.

10 juillet 2009

Diversification

Pas tout à fait 6 mois
Deux millimètres de dent d'un côté
Un millimètre de l'autre
Une rondelle de courgette
Et à l'attaque!


17 juin 2009

Fesses à l'air

J'ai commencé à te proposer le sans-couches vers deux semaines. Après les remous de l'accouchement, quand j'ai commencé à me sentir capable de le faire.
Je te proposais à chaque change, et quand je le pouvais je te mettais sans couches pour observer ton rythme.
Dès le départ j'avais décidé de ne pas me prendre la tête. Je le faisais jusqu'au moment où ça me fatiguait. Si trop de ratés, ou si tout simplement je ne le sentais plus, je te prévenais, et je remettais une couche. Jusqu'à un mois, c'était presque toujours une jetable. Tu as fait ta première sortie en lavables le jour où on a repris le boulot, toi et moi.
J'avais remarqué que les tétées étaient très productives. Tu avais besoin d'éliminer quand le fait de téter mettait ton système digestif en route. On m'avait dit que les bébés faisaient une selle à chaque tétée jusque huit semaines environ, puis passaient à une par semaine environ... tu es toujours à plusieurs cacas par jour!
Quand j'en ai eu assez de te laisser en couches la nuit, j'ai commencé à glisser sous tes fesses, sur la peau de mouton, une couche en coton ouverte. J'ai très vite remarqué que tu ne faisais plus pipi la nuit qu'en tétant.
J'ai aussi remarqué qu'en journée, quand tu dormais contre moi, tu te réveillais pour faire pipi. Pas tout à fait, mais tu gémissais dans ton sommeil, je te proposais, et c'était bien ça.
Maintenant tu ne fais presque plus jamais pipi en dormant. Je te laisse sans couche contre moi ou sur la peau de mouton en toute confiance. Eveillée, si tu es avec moi, tu me préviens en criant ou en te tortillant des pipis qui arrivent. Sauf quand tu es sur le ventre, où là, on dirait que le fait d'avoir le ventre écrasé te coupe de tes sensations, car je te retrouve parfois sur une petite flaque de pipi et même de caca!
Même quand tu tètes, tu me préviens en pinçant le sein et en le lâchant que ça vient et que ça t'embête de retenir. Mais quand tu es fesses à l'air dans les bras de quelqu'un d'autre que moi, tu l'arroses impassiblement, sans crier gare. On dirait que ça ne vient pas à l'idée de signaler, comme si tu te disais qu'il n'y a que moi qui comprends ces signes.
Tu n'aimes pas trop quand on te met une couche mais je n'ose pas encore vraiment faire de sorties sans. Tu protestes, mais une fois que tu l'as ça n'a pas l'air de trop t'embêter, et tu ne signales plus les pipis qui arrivent, tu sais très bien que s'il y a une couche c'est parce que je ne suis pas disponible pour m'en occuper.
Aujourd'hui j'étais contente de constater qu'à 15 heures tu avais toujours la même tenue, aucune fuite encore sur la journée, et tu n'avais porté de couches que le temps d'aller chercher Tito à l'école. J'étais contente mais parfois s'il y a cinq ratés le matin, je continue quand même, parce que je le sens bien. Et parfois, s'il y a eu deux ratés je sens que je ne peux pas aller plus loin et j'arrête.
Je fais du mieux que je peux, tu as l'air de très bien le comprendre et ça nous convient à toutes les deux.
Ce que tu comprends moins c'est que ça me gêne parfois de le faire sous un regard étranger. Certaines personnes me prendraient pour une folle si je t'emmenais aux toilettes ou si je te proposais de faire pipi devant elles. Alors, je n'ose pas. Pas encore. Mais c'est absurde. Il me reste à améliorer ce point-là.

Cinq mois

Cinq mois hier
Déjà? Seulement?

Depuis toi, je vis dans un autre temps
J'ai l'impression de te connaître depuis si longtemps
et malgré ça tout va tellement vite...

A cinq mois, tu trépignes d'impatience de pouvoir manger la même chose que nous, mais ton estomac ne supporte pas encore ce que tes yeux veulent dévorer. A table, tu écartes ce qu'on te propose pour tirer mon assiette jusqu'à toi.

Tu étudies avec une concentration intense les phénomènes qui s'offrent à toi. Hier, je pensais que ton petit livre était arrivé par terre par hasard. Je l'ai replacé devant toi et passé mon doigt dans l'anneau pour le bloquer. Tu as retiré mon doigt avant de vérifier que si tu le poussais à nouveau à terre, il retombait.

A cinq mois, comme ton frère, tu testes les sons capables d'émettre ta voix héritée du côté père, ta voix de village de Castille! Tu as effrayé un bébé plus âgé que toi en lui hurlant dessus pour le saluer gentiment, tu t'attires l'inquiétude de personnes bienveillantes qui demandent si c'est normal, si ce n'est pas mauvais pour tes cordes vocales... L'énorme sourire qui accompagne ces cris dissipent leurs préoccupations...

A cinq mois tu commences à essayer de prendre les choses en main en utilisant ton pouce. Tu n'arrives pas encore à la pince, mais l'idée a déjà germé dans ton esprit et est à l'étude. Tu t'entraînes tous les jours.

A cinq mois tu te souviens de la place des objets. Diego a tiré sur la guirlande des petits animaux du mur de la véranda, qui est tombée par terre. Cette guirlande que tu observais à chaque passage. Quand tu es repassée devant ce mur-là, du haut de l'épaule de Papa, tu as observé avec un grand étonnement le mur vide. Où était passée la guirlande?

Tant de progrès qui te font aussi oublier d'autres progrès. Toi qui savais te retourner du ventre sur le dos il y a un mois, tu ne le fais plus jamais maintenant. Tu essaies plutôt le quatre-pattes mais tes petites membres bien dodus manquent encore de tonus. A deux mois et demi, quand je disais "téter", tes yeux s'agrandissaient de plaisir, mais maintenant tu sembles avoir complètement oublié le sens des mots que tu comprenais déjà.

A cinq mois, tu aimes de moins en moins les couches. C'est une expérience qui continue à me plaire énormément, l'hygiène naturelle. Maintenant, quand je te reprends dans mes bras, tu te penches par-dessus l'évier pour voir ce qui est sorti de toi et tu écoutes très attentivement mes explications.

A cinq mois, tu as commencé à te réveiller moins souvent la nuit pour téter. Parce qu'une amie m'a dit "demande-lui", je te l'ai demandé. Et ça a marché! Merci ma puce.

A cinq mois tu dis déjà très clairement que tu veux revenir dans mes bras. Aucun inconnu ne peut te garder trop longtemps, tu n'as encore envie de faire connaissance avec l'extérieur. Quand c'est Papa qui te porte et qu'on se croise, je reçois des grands sourires, tes yeux me disent "oh coucou maman, contente de te revoir!"

A cinq mois tu continues ton rythme de croissance effrené, avec la taille et le poids d'un enfant d'un an. Tu restes bien différente de ton grand frère.

A cinq mois tu rigoles avec ton grand frère, tu aimes les jeux qu'il te propose et vous avez des moments de complicité qui nous ravissent. Tu l'observes avec attention, tu adores tout ce qu'il a à t'apprendre.

Tous les jours je me dis que je devrais écrire plus sur toi pour ne rien perdre. Mais je ne perds rien de toi, je le vis intensément.

03 juin 2009

Bisou

Poser ses lèvres
sur le front
d'un petit
tout petit
sorti de vous
et pelotonné
tout contre vous
dans un abandon
une confiance
totale

il n'y a rien
vraiment rien
de plus beau

29 mai 2009

Ici

Réunion de travail:

"So, we're all Belgian around here. But some of you are Flemish and some are French-speaking. So let's this meeting be carried out in English"...

Et une autre fois:
"-Et si on faisait une campagne avec des panneaux bilingues, en français et en flamand, les mêmes pour toute la Belgique? On verrait les deux langues en Wallonie et en Flandre!
Le représentant du Cabinet:
- Euh... tu pourras pas. C'est illégal.
-... mais... c'est con!
-...oui..."

Ben oui.

28 mai 2009

Respirer

Respirer
respirer
sentir
son odeur

Respirer
sa chaleur

Retrouver
sa douceur
dans mes bras

Se lover
et savourer
l'intimité
avec mon tout petit bébé

Savourer
parce que c'est délicieux
ses petites lèvres
qui viennent
embrasser
manger
téter
ma joue
mes lèvres
ses petites lèvres
qui sourient
quand elle me voit

Embrasser
ses cheveux tout doux
Caresser
la paume de sa main
Masser
sa peau toute fine
Enrouler
ses jambes contre moi
quand elle tète
Parler
en machouillant ses doigts
qu'elle met dans ma bouche

La toucher
la toucher
la toucher
...

27 mai 2009

Sieste

A quatre ans
(pour la dernière fois?)
Il s'est endormi dans mon dos.

Après,
il m'a dit,

Tu te souviens maman,
tu as pris le jouet de ma main
pour qu'il tombe pas
quand je faisais dodo.

Observer

J'adore
observer ça.

Un jour où, à table, elle me voit porter mon verre à la bouche,
elle le prend, et l'approche de sa bouche par le bas.
Elle teste de ses lèvres le froid et le dur de la base du verre.

Puis je bois.

Le lendemain, à table, elle me voit saisir le même verre.
Elle tend le bras et je lui tends la base du verre.
Elle me regarde
de ce regard si intense et intelligent
en souriant
et de ses deux bras elle tire sur le verre pour le descendre
et poser ses lèvres en haut
et ses yeux me disent
non, non, maman, j'ai bien compris,
on boit par le haut du verre.

Bravo ma chérie.

11 mai 2009

Et hop!

ça faisait un certain temps
quand je la couchais sur ce petit matelas Bumba
qu'elle lorgnait sur le singe orange
à la jolie corolle
et à la queue en relief.

Elle avait vraiment très envie de l'examiner de plus près.

Et tout à l'heure,
hop!

Se mettre sur le côté, un jeu d'enfant déjà.
Et de là, hop,
on élargit l'arc de cercle de la jambe du haut
on balance le bassin
et on espère que la tête suivra...

Et miracle,
oui!
La tête suit!

Et là voilà,
tout sourire,
sur le ventre enfin,
dressée en appui sur ses coudes
à nous chercher du regard,
sa maman et son grand frère,
ses yeux nous disent
regardez!
ça y est, j'y suis arrivée!

Elle en oublie le beau singe orange
raison principale de ce premier retournement
Elle tourne la tête à gauche, à droite,
découvre le monde sous ce nouvel angle
essaie les sensations qu'on a dans les jambes
et même de pousser un peu,
histoire de s'assurer
qu'aucun appui par là ne pourra la faire avancer
Elle rigole
quand maman fait des bisous
sur le dos, sur les fesses

Et puis en revient à sa première idée
examine de bien près
la jolie corolle
et arrive même à saisir la longue queue en relief
du petit singe orange.

Puis
fatiguée d'une telle aventure,
elle va nous demander de l'aide,
à maman et à son grand frère,
pour revenir dans la position initiale
et se reposer un peu
et rire avec le grand frère.

07 mai 2009

Eloquent

J'ai eu la chance de rencontrer Abdou,
du village de N'dem, au Sénégal,
ma puce lovée sur ma hanche.

C'est bizarre
de papoter maternage
avec un homme
un Africain
qui dit avoir beaucoup de respect pour ça.

Au Sénégal, les mères ne se séparent jamais de leur bébé.
Au Sénégal, l'enfant n'est jamais posé au cours de sa première année.
Au Sénégal, il y a toujours quelqu'un pour prendre le relais si la maman n'en peut plus.

Il s'est étranglé dans son jus de fruits:
"Quoi?? En Europe, vous laissez pleurer les bébés?"

28 avril 2009

Et un jour ils s'endorment tout seuls...

Ma petite adore téter, téter, téter, longtemps pour s'endormir.

Tous les soirs, elle s'offre des méga-tétées de trois heures au moins. De temps en temps elle lâche le sein, mais si je m'éclipse ou que je la pose à ce moment-là, elle proteste vite. Elle a un énorme besoin de téter, et je comprends très bien ce gros besoin, après la grossesse qui l'a faite.

Ce soir, je nous ai allongées sur la peau de mouton pendant qu'elle tétait et, après un moment, elle a lâché le sein, tout sourire. Elle voulait papoter, rire, bouger encore un peu. Après une chouette conversation avec elle, je lui ai expliqué que j'allais prendre une douche, changer les draps, et qu'elle n'avait qu'à m'appeler si elle avait besoin de moi. J'ai suspendu à côté d'elle un petit jouet tout coloré, car ces choses-là l'intéressent énormément pour l'instant, ma petite.

J'ai eu très peur en sortant de la douche. Pas un bruit. Je me suis approchée et j'ai vu une forme allongée sur le côté, toute cambrée. J'ai eu tellement peur que je l'ai presque réveillée de mon sursaut, ma petite, qui s'était endormie toute seule, quand elle en a eu assez de contempler ce beau jouet rouge sous toutes ses formes.

Quelle énorme dose de confiance, en elle, en moi, quelle belle connaissance de ses besoins et quelle belle écoute de son corps, pour être capable, à trois mois, tout simplement de se détourner et de fermer les yeux, sans rien demander à personne, parce qu'elle a sommeil...

J'en suis époustouflée...

Sans rien demander à personne... Bon, elle savait que j'étais là. J'étais là si elle avait besoin. C'est pour ça qu'elle n'a pas eu besoin...

08 avril 2009

Des petites choses


Ce sont des petites choses
tricotées, cousues, crochetées
à la main

Faites par des personnes
qui ont pris le temps
de faire de jolies petites choses
en pensant à elle
pendant tout ce temps.

De jolies petites choses
qui se sont ainsi remplies
d'une énergie toute particulière
rien que pour elle.

Merci à vous
et à vos mains
qui font de jolies choses.

Autoportrait


Fermer les yeux

C'était une belle aurore, comme on commence à en avoir.
J'avais encore les paupières lourdes de sommeil, je les ai entr'ouvertes.
Elle dormait. Je croyais qu'elle dormait profondément, le ventre bien rempli.

Je lui ai souri.
Elle m'a souri.

Les yeux entr'ouverts.

Toutes les deux, on a essayé, quelques secondes, de se regarder.
Le sommeil était trop lourd.
On s'est rendormies toutes les deux.
Sourires aux lèvres.

28 mars 2009

Maintenant

Depuis deux semaines déjà
Elle arrive à mettre ses poings en bouche.
C'est beau à voir, cet apprentissage.

Au début, ils y arrivaient par hasard
Puis en quelques jours, concentrée,
avec grand effort,
elle est arrivée à contrôler ce mouvement-là.

C'est bon, passons à la suite maintenant.
Ce mouvement à peine acquis, elle a enchaîné.
Elle est en pleine étude du retournement.
Elle tord sa tête, se retrouve en appui sur une jambe.
ça vient, ça vient...

Elle s'arrête de têter, parfois,
simplement pour me sourire
alors qu'elle m'observait du coin de l'oeil
concentrée sur le sein.

Elle lâche le sein
pour se faire arroser
(et m'arroser)
et trouve ça drôle,
mais alors,
très drôle!

Elle sent bon le lait.
Elle aime les petits bisous
dans le cou,
sur la joue,
sur le bout du nez
sur ses beaux petits bras.

Elle adore être mise
en face-à-face avec nous
pour papoter.
Elle gazouille,
nous comble de petites vocalises de bébé,
nous inonde de sourires.

Elle rallonge ses périodes d'éveil
Et arrive à me dire quand elle veut téter pour s'endormir.
Elle attrape un rythme jour/nuit
même si personne n'essaye de lui imposer
ni horaire ni régime

comme quoi...

Quel bonheur cette petite fille...

Il a pris quatre ou cinq centimètres depuis qu'elle est née
Ce n'est pas moi qui le vois comme un géant,
non,
il a vraiment grandi!

Parfois je me dis
que c'est la naissance de sa soeur
qui lui a permis de grandir
qui l'a libéré d'un poids
pour lui permettre
de mieux prendre son envol

Il lui dit qu'il l'aime très fort
il lui prend la main pour s'endormir
il m'interdit de la laisser toute seule dans une pièce
parce qu'elle est trop petite
Et si ça va pas,
il s'installe à côté d'elle en lui disant
T'es pas toute seule
Je vais rester avec toi
ça va aller

Il m'a demandé, ce soir,
de le porter dans le porte-bébé
dans mon dos,
"ça me fait un p'tit nid".
Il s'est endormi, ce soir, dans mon dos
Parce qu'il avait peur du noir.

Quel bonheur ce grand garçon...

24 mars 2009

Quand même

Après tout ça
les ponctions
les transferts
les césariennes

et un bébé perdu

Après
tout ce qu'on n'aura pas connu

Nous voici
petite famille
modèle

sans les avoir conçus
sans en avoir accouché
mais le principal

Deux enfants
garçon
fille

Petite famille
trop parfaite
trop petite
si belle

Avant
il y a déjà sept ans
on n'aurait jamais osé espérer
autant

16 mars 2009

Et toc...

Urines: négatif
Sang: négatif
Salive: négatif

CMV absent.

ça valait bien la peine
de nous gâcher tout ça...

Sourire de Geneviève
(la fée)
"On l'avait bien sentie, hein!"

Coïncidence

Aïnoa
La Virgen Blanca

Son prénom signifie
La Vierge blanche

Et
dans le petit village de Castille
où son arrière-grand-mère
a fait neuf enfants
dont elle a accouché chez elle

il y a
tout au bout de la route
près du chemin de fer
envahi de mauvaises herbes
une petite chapelle

une petite chapelle
plus grande que l'église du village
dédiée à la Vierge blanche
La Virgen Blanca

Sans le savoir
Nous l'avons reliée à ses origines
par son prénom

Elle
qui sera baptisée
dans le village de ses arrières-grands-parents
encore en vie
et tellement fiers,
eux, qui sont nés avant la Guerre civile
que les deux arrière-petits-enfants
nés d'une étrangère
si loin
dans la capitale de l'Europe
soient baptisés dans leur village.

Je garde du baptême de Diego
un souvenir très doux
une de ces journée
dont on voudrait
qu'elles ne finissent jamais
tant elles étaient délicieuses.

Revivre ça
pour notre petite fille
notre Aïnoa rêvée
qui existe maintenant...

28 février 2009

La nuit

Quand on dort
Front contre front
Nez contre nez
Main dans la main

Je me demande
laquelle de nous deux
en a le plus besoin

20 février 2009

Home made Arlequin

En partant d'un patron de Florence,
une fille qui fait des choses
toutes jolies, toutes simples et toutes pratiques.

Tout est fait maison:
le garçon,
le costume,
le maquillage

Le sourire, c'est lui!

19 février 2009

Les deux fées

C'est bizarre
En papotant avec une autre maman
qui a eu droit
à la même équipe que moi
pour l'accompagner
lors de la naissance de ses deux enfants,

Elle m'a dit
"les deux fées"
comme on les a souvent appelées,
entre nous.

Comme je l'avais écrit
sur une note
à la naissance de Diego.

Geneviève (plus de Dr. N!) et Joëlle,
les deux fées.

Jamais on ne vous dira assez merci...

Elle

Elle est arrivée
tout en douceur
Loin, très loin
du tumulte
de la naissance de son frère

Presque comme si elle n'était pas extraordinaire
Presque comme si elle était une évidence
Presque comme si elle n'était rien d'exceptionnel

Elle s'est glissée dans notre vie
Sans rien demander à changer
à nos habitudes
et parfois nous observe avec sagesse
tous les trois
l'air de se demander
dans quelle famille elle est arrivée.

Elle ne nous reproche rien
de son passé
de son vécu
Elle sourit
Elle met dans son regard
de la satisfaction.

Elle est extraordinaire
Elle est exceptionnelle
Mais oui, elle était une évidence.

25 janvier 2009

C'est si bon

Ne se poser aucune question
Allaiter vraiment à la demande
même si la demande dure toute la nuit

Donner le sein
donner le lait
faire confiance
tout simplement

Ne pas s'habiller
Rester collées sous les couettes en peau à peau
S'endormir ensemble
sans s'en rendre compte

Ne pas la lâcher
La garder tout le temps dans les bras
La sentir respirer
La garder, la blottir
Toujours tout près

Etre au chaud
l'une contre l'autre

16 janvier 2009

Juste avant

Je me suis parfois demandé
comment on se sentait
juste avant.

Dans cet espace
surréaliste
où on sait le nombre d'heures
qui nous séparent
de notre enfant.

On se sent mal.

Maintenant je sais
qu'il y aura encore un deuil à faire.
Jamais je ne saurai ce que c'est
de donner la vie.

Mais demain, ma petite fille sera dans mes bras.
Pourquoi?

La première fois,
j'ai compris.
C'était urgent, il souffrait,
il n'arrivait pas à descendre,
il fallait aller le chercher très vite pour le sauver.

Mais là, je ne comprends pas.
Pourquoi demain?
Pourquoi ne pas lui laisser un peu plus de temps?

Parce que le Dr. N. dit qu'elle a été très loin.
Elle nous a laissés aller très loin.
Elle ne peut plus continuer.

Elle dit que c'est trop dangereux.
Et que si on veut attendre plus longtemps,
il faut changer de médecin.
Et ça, non.

J'avais peur d'aller la voir aujourd'hui.
Mais je ne m'attendais pas à entendre parler
d'un col pas encore mûr,
de pleins de contractions pas efficaces,
d'une césarienne avant même la date qu'elle avait fixée comme limite.

Je ne comprends pas.
Je crois que je ferais mieux
d'aller dormir un petit peu
avant demain.

10 janvier 2009

Monito...

Il y a des femmes qui adorent les monitorings. Parce que ça les apaise d'entendre le coeur de leur bébé.
Moi pas. J'aime beaucoup entendre son coeur. Mais je n'aime pas les monitorings.

ça veut dire post-terme. ça veut dire qu'on imagine une maman obsédée par l'accouchement. ça veut dire menace de déclenchement. ça rappelle des mauvais souvenirs de chutes du rythme inexpliquées. Et puis ça vous réduit à deux tracés qui mesurent votre efficacité. Et qui savent mieux que vous ce que vous sentez dans votre corps! Vous avez senti des contractions? Mais non, regardez, vous n'en avez pas eues! Et pourquoi on les mesure, les contractions? "parce qu'on fait toujours les deux, le coeur et les contractions". Ah...

J'ai dû prendre un rendez-vous pour demain. J'ai vu trois infirmières qui m'ont dit toutes les trois "on espère que vous aurez accouché avant dimanche!". Pourquoi? Moi pas. J'espère que j'accoucherai quand mon bébé aura choisi son moment pour venir. C'est tout. Mais à force de l'entendre, oui, c'est sûr, ça risque de devenir un tout petit peu obsédant...

C'est fou comme on devient handicapé dès qu'on entre dans un hôpital. Je demande si je peux rester debout, ou m'asseoir sur un tabouret. Et non, Madame, vous serez plus à l'aise dans ce fauteuil. Oui, ça a l'air drôlement plus confortable, un beau fauteuil avec accoudoirs et pose-pieds. Sauf qu'avec une sciatique de grossesse c'est la pire des positions. Mais la vraie raison, ce n'est évidemment pas mon confort, c'est que le capteur ne marche soi-disant pas dans une autre position.

Joëlle m'a dit qu'il faut serrer plus la ceinture pour pouvoir être assise ou debout. Je répète. Même si la ceinture, moi, ça me gratte... On me dit "serré ou pas serré, ça change rien, il faut vous allonger". Je suis décidément une emm... qui râle déjà avant que ça ait commencé. Mais l'inclinaison du fauteuil ne convient pas au monito, et cette gentille dame se met à secouer le dossier. Attendez, je vais me lever. Au lieu de me faire secouer... Non, non, bougez pas surtout! Pourquoi? Parce qu'elle a enfin réussi à me faire asseoir ou parce que quand on a deux ceintures sur le ventre on perd ses capacités?

Il y a trois postes de monitoring dans la même salle. Sur les trois, on a la tête juste en-dessous de la machine. Donc on ne voit pas les chiffres. Seule l'infirmière qui sait ce qu'elle fait doit y avoir accès. Et puis surtout on ne pose pas de questions. On y répond. Jusqu'à "combien de temps vous avez allaité votre fils?" et "pourquoi vous l'avez sevré?", parce que ça la regarde, évidemment. Mais si moi je pose une question, la réponse universelle est "ne vous inquiétez pas madame"...

Après vingt minutes, je me lève en faisant bien attention à laisser le capteur sur le coeur. Je suis douée, aucune interruption de la machine. Et un espèce de cri "mais elle est debout!". Oui, le tracé du monito est toujours aussi normal, mais malheur, j'ai bravé l'interdit!

Aaaah, ça promet...