2011
Je feuillette les pages de ce nouvel agenda, toutes vierges et neuves et blanches, et je me demande ce qu'elles contiendront, dans un an, quand elles seront noircies d'encre, tachées de graisse, abîmées aux coins.
Jamais je ne me suis séparée d'un homme après une histoire de quinze ans, jamais je n'ai dû faire affronter à mes enfants une blessure aussi grande, je ne sais pas comment on fait. Je ne sais pas comment m'y prendre.
C'est devenu irrémédiable, ça n'en laisse pas moins le sentiment que tout s'écroule, et le manque de courage, le dégoût de faire subir ça aux enfants. En sachant qu'il faudra être tellement plus à leur écoute et disponible à leurs émotions alors qu'on est soi-même si fragilisé. On a plus que jamais besoin d'une épaule sur qui pleurer justement parce que cette épaule est partie.
Ne plus le reconnaître.
Cette impression de découvrir une autre face, jamais soupçonnée. Ahurissante.
Cette espèce de boule de colère qu'il est devenu. Contre moi. Toujours contre moi. Et toi et toi et toi...Tout, toujours, de ma faute à moi. Et jamais, jamais, parler de ses sentiments à lui.
La force.
Espérer y échapper.
Espérer pouvoir encore se parler dans le respect. Se sentir acculé face à des ordres, sans ouverture et sans alternative possible. Se demander s'il est possible de répondre par autre chose que par la force.
Dégoût. Dégoût en pensant aux tribunaux, à ces parents qui s'arrachent leurs enfants devant des juges. Ne surtout, surtout pas en arriver là avec une personne qu'on a aimée au point de partager tout un pan de vie et de créer ensemble d'autres vies.
Et des questions d'adolescente qui reviennent: pourquoi ça se termine? Qu'est-ce qui a disparu?
Et du courage. essayer de relever la tête et de voir ce qui se passe autour. La vie continue, pleine de nouvelles promesses. Il y a toujours d'autres chemins qui commencent, d'autres portes qui s'ouvrent. Ne pas oublier ça, surtout.
Du courage.
Du courage pour arrêter de regarder en arrière et de tenter de se raccrocher à ce fil, si fin, de plus en plus fin, en se disant qu'on peut encore y croire. Non.
Du courage aussi pour ne pas se contenter des restes et de vivre ensemble sans se respecter. Le courage d'oser franchir le pas et accepter de fermer la porte.
Partir en étant, enfin, sûre.
Partir, sans se retourner.
Pleurer, pleurer s'il le faut, jusqu'à la dernière larme, et puis partir sans se retourner.

8 commentaires:
des moments très difficiles qui s'annoncent,
mais je suis sûre que tu la trouveras, la force.
Plein de courage à toi.
wep, dur dur ... :-(
Comme je suis désolée de savoir que tu (on se tutoie ?) vas traverser pareille épreuve, et tes petiots avec ...
En même temps, quand ça dure, c'est presque miraculeux, et toujours au prix d'une énergie folle. Mais quand le couple cesse d'être, comme c'est dur, à vivre, à accepter, à comprendre, à continuer. Il faut du courage pour réussir à dire stop aussi.
Enfin mes pensées s'embrouillent, et je voulais juste partager ta peine ou ta colère ou ta fatigue, être un peu cette épaule qui manque, en toute amitié, en toute simplicité.
Oui, ça va être dur, et long, et pas simple. Mais la force de ton amour, de ton maternage, la conscience de ce qui est important et précieux, tout cela va reconstruire peu à peu un lendemain vivable, et heureux, et doux, et nouveau.
C'est du fond du cœur ce que je te souhaite pour les semaines à venir.
2011 semble être une année de changements pour pas mal de monde que je connais... On se retrouvera en fin d'année pour voir à quoi on ressemble après tout ça !
Vous avez cheminé 15 ans ensemble quand même ! Je suis impressionnée !
Je t'envoie de bonnes ondes pour vivre tout cela le mieux possible !
Bisous, bisous.
Merci de ton commentaire Supermama (on va pas se dire vous quand même!). Il me touche d'autant plus que j'ai vu sur ton blog que vous vivez aussi des moments très difficiles mais pour d'autres raisons. Je t'envoie aussi plein de soutien et pensées réconfortantes, à toi et à tes petites pousses, surtout à ta grande fille dont les photos m'impressionnent!
Un petit moment que je n'étais pas passée par ici... Et je découvre ce message qui me fait frissonner. Parce que je sors d'une grosse tempête, parce que ce n'est pas sûr que mon couple résiste à ça.
Et parce que ton message se termine sur une note positive, optimiste, et qu'on sent ton courage à travers ces lignes. Le courage que je n'ai pas.
J'espère que tu tiens le coup dans ces moments si durs.
je me permets de t'embrasser
Je découvre ton blog en même temps que ton commentaire, je t'envoie plein de courage à toi aussi. Merci de ton message.
Les mots se succedent et les pensees trahissent,les larmes remplacent les sourires, le soleil se voile et le ciel s'assombrit, les passions se dechainent et l'horreur montre son nez.......puis....puis le vent se leve et chasse les nuages, le ciel s'eclaircit et le soleil rechauffe, et du coin de l'oeil tu apercois le bonheur qui te sourit....bon courage
merci Vianney
Enregistrer un commentaire